Capsule 4: Le Donjon sans histoire
Le premier module de D&D (1975) n’avait aucune histoire. Juste un plan. Le reste dépendait de l’imagination des joueurs.

Dans l'histoire des jeux de rôle et du tout premier D&D (publié en 1974 par Gary Gygax et Dave Arneson), le concept même du donjon était très différent de ce qu'il est devenu aujourd'hui :

1. Le donjon purement tactique (1974)

À l'origine (Original D&D), les premiers donjons comme Castle Greyhawk (Gygax) ou Blackmoor (Arneson) étaient littéralement des « donjons sans histoire » au sens scénaristique :

 Pas de quête principale ni de trame narrative : Il n'y avait pas de grand méchant à vaincre pour sauver le monde.

 Exploration et trésors : Les joueurs descendaient dans un labyrinthe à niveaux, affrontaient des monstres générés parfois aléatoirement, ramassaient de l'or (qui donnait des points d'expérience) et remontaient à la surface.

 L'histoire s'écrivait par l'action : Le récit naissait uniquement des péripéties, des pièges évités et des morts absurdes des personnages, pas d'un scénario préécrit.

2. Le jeu de plateau Dungeon! (1975)

Si vous faites référence au tout premier jeu de plateau dérivé du proto-D&D édité par TSR :

 Conçu par David R. Megarry en 1975, Dungeon! était l'extraction purement mécanique du jeu de rôle.

 Il a retiré tout le côté narration / maître du jeu pour ne garder que l'exploration de salles, le combat et la récolte de trésors, créant ainsi le tout premier dungeon crawler sans la moindre trame narrative.